1838 - 1894 Le Panorama
Le concept de panorama germe en 1789 dans la tête du peintre miniaturiste
irlandais Robert Barker. La légende raconte qu’incarcéré
pour dettes, il remarque l'effet singulier de la lumière tombant
verticalement sur les murs de son cachot. Il imagine alors une rotonde où
des toiles tendues le long des murs seraient éclairées par
une verrière. Au centre, une plate-forme accueillerait les visiteurs
qui auraient ainsi l'illusion de se trouver au cœur d'un vaste paysage.
On trouve une version moins romanesque de cette invention. Le peintre aurait tenté
plusieurs fois de tendre des peintures de grandes dimensions sans pouvoir remédier
aux problèmes liés à l’installation et à l’éclairage
de ces toiles. Enfin en 1792, il réussit à exposer un premier tableau,
immense, d’une vue de Londres à 360 degrés : un tableau «
sans limites ». Sir Josua Reynolds interrompt même son petit déjeuner
pour aller contempler cette merveille. Le panorama (du grec pan –
tous – et horama – la vue– ) est né.
Sa première rotonde, construite à Londres, connaît un succès
immédiat. Sept ans plus tard, deux rotondes sont érigées
boulevard Montmartre, suivies en 1807 par celle des Capucines.
Napoléon 1er commande, pour la propagande de l'empire, la construction
de huit rotondes afin d'y faire exposer les panoramas de ses grandes batailles.
Les événements de 1812 interrompent ce projet et ce n'est qu'en
1838 que l'architecte J.-J. Hittorf est chargé par Louis-Philippe de réaliser
une rotonde au croisement des Champs-Elysées et de l'avenue d'Antin (av.
Franklin D. Roosevelt). Inaugurée en 1839 avec Les Incendies de Moscou
suivis de La Bataille d'Eylau et de La Bataille des Pyramides,
la rotonde d'Hittorf est détruite lors de l'Exposition Universelle de 1855
pour laisser la place au Panorama National, construit par Davioud, qui héberge
aujourd'hui le Rond-Point. Y seront exposées notamment La Prise de
Sébastopol et La Bataille de Solférino.
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1894 - 1980 Le Palais des Glaces
En 1894, les panoramas tendant à passer de mode, la Rotonde du Panorama
National devient le Palais des Glaces. En effet, un peu partout en Europe,
à Bruxelles, Vienne, Londres, la vogue grandissante des patinoires
oblige les villes à se doter de nouveaux édifices. On y vient
danser sur la glace, rencontrer ses amis autour d’un chocolat, écouter
de la musique. Le Panorama se prête à cette reconversion. Sa
rotonde est évidée, on installe autour de la piste de 850
mètres carrés un café, une promenade et une estrade
pour l’orchestre. Le Palais des Glaces sera à la Belle Époque
un des monuments les plus en vogue de Paris et passe le XXème siècle
au prix de quelques aménagements. Mais à l’aube des
années 80, la mode des patinoires s’essouffle à son
tour. Le monument, cependant n’en poursuit pas moins sa traversée
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1981 - 1991 La Compagnie Renaud-Barrault
Depuis sa création en 1948 la compagnie Renaud-Barrault a occupé
sept théâtres parisiens dont le Théâtre Marigny,
l'Odéon, le Théâtre Sarah-Bernhardt et l'ancienne gare
d'Orsay aménagée en théâtre. Le projet d'installation
d'un musée du XIXè siècle à Orsay lui impose
un ultime déménagement qui la ramène à 200 mètres
de son premier théâtre, Le Marigny.
La Compagnie Renaud-Barrault transporte donc son théâtre sur l'autre
rive de la Seine, avec son chapiteau de bois, sa grande salle de 900 places et
sa petite salle de 180 places. La Rotonde est intégralement vidée
et réaménagée par les architectes Biro et Fernier. Le Théâtre
du Rond-Point ouvre ses portes en mars 1981 avec un spectacle de Jean-Louis Barrault,
L'amour de l'amour, d'après des textes d'Apulée, La Fontaine, Molière.
De 1981 à 1991 le Théâtre du Rond-Point s'attachera à
présenter des oeuvres contemporaines (Marguerite Duras, Nathalie Sarraute,
Samuel Beckett, Yukio Mishima...) ainsi que des spectacles traditionnels venus
d'Extrême-Orient (Ramayana de Thaïlande, Opéra javanais, Musiques
et danses tibétaines...).
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Madeleine Renaud
et Jean Louis Barrault
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1991 - 1994 La Maison des Cultures du Monde
En 1991 le Ministère de la Culture confie le Rond-Point à
une association présidée par Robert Abirached, nomme Chérif
Khaznadar à la direction du théâtre le 1er janvier 1992
et fait effectuer des travaux de rénovation et d'aménagement.
L'architecte Jean-Michel Wilmotte conçoit un projet qui, tout en respectant
l'architecture initiale et l'esprit du théâtre créé
par Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, vise deux objectifs : ouvrir l'espace
sur l'extérieur et mettre l'accent sur sa dimension pluridisciplinaire
en conservant les lignes de force du bâtiment.
Le programme comprend l'aménagement d'un vaste hall d'entrée et
celui d'une salle d'exposition perceptible depuis la rue, la création d'une
librairie et le nouvel aménagement du restaurant
Le Rond-Point /Théâtre Renaud-Barrault héberge alors l'Académie
Expérimentale des Théâtres, dirigée par Michelle Kokosowski
et accueille une partie de la programmation de la Maison des Cultures du Monde
et du Festival d'Automne à Paris.
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1995 - 2000 La Compagnie Marcel Maréchal
Le 1er janvier 1995, Marcel Maréchal prend la direction du Théâtre
du Rond-Point. Sous son impulsion la grande salle est entièrement
remodelée et redécorée par Bernard Guillaumot et Alain
Batifoulier. Elle prend le nom de Salle Renaud-Barrault et compte maintenant
760 places. La petite salle devient Salle Jean Vauthier, la salle d'exposition
Galerie Audiberti.
Le projet artistique de Marcel Maréchal : faire entendre dans ce lieu prestigieux
le théâtre de notre temps. C'est ainsi que la première saison
s'ouvre avec la Trilogie de Paul Claudel (L'Otage, Le Pain dur,
Le Père humilié) et se poursuit avec Quoat-Quoat
de Jacques Audiberti.
En 96-97, sept spectacles sont présentés, parmi lesquels En
attendant Godot de Samuel Beckett et la création du chef-d'œuvre
de Jacques Prévert : Les enfants du paradis. Et, en 98, Rêver
peut-être, de Jean-Claude Grumberg, dans une mise en scène de
Jean-Michel Ribes.
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La façade du
Théâtre du Rond-Point
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2000 - 2001 Intérim de Philippe Buquet
Après le départ de Marcel Maréchal, la direction provisoire
du Rond-Point est confiée à Philippe Buquet dans l'attente
d'une nouvelle direction. Il assume avec courage et discernement cette difficile
mission « d’entre deux ». |
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